Lydia de Munter

du 12-11 au 26-12-2009

« Le sublime se donne à réfléchir sous la forme d’une incidence, non d’un savoir ». E. Kant.

Lydia de Munter est peintre, terme à prendre dans son sens le plus prospectif. Car, il s’agit bien ici d’engagement, de nécessité intérieure, de « sacerdoce pictural », oserais-je dire. Elle nous donne à voir une peinture sans compromis, construite jour après jour, inlassablement, dans son effectuation matérielle. Tout se déroule sur le plan, cette surface bidimensionnelle définie si justement par Maurice Denis. Poses, retraits, griffures, écriture, signes, traces, champs colorés, tant d’éléments empiriques appartenant au vocable pictural de Lydia de Munter. Mais, au fond, qu’est ce qui nous est donné à voir sur et dans cette peinture ?

RIEN si on tente d’y trouver une quelconque forme de représentation.

TOUT si nous décidons de nous rendre disponible, d’apporter quelque chose de notre expérience personnelle, permettant d’ouvrir un espace de communication authentique avec elle (la peinture).

Nous entrons dés lors dans son espace imaginal, là où l’évocatif supplante ou congédie le représentatif. La peinture se présente donc, comme un « être-là », tel un agglomérat d’images en devenir, non encore codifiées.

«Une image n’est pas nécessairement représentative ou figurative, elle peut ne pas ressembler à son modèle et même n’avoir pas de modèle du tout puisque c’est elle au contraire qui en fournira un en donnant figure à ce qui est invisible, le divin par exemple…1».

La peinture de Lydia de Munter touche au sublime, ce sublime devant être compris comme « quelque chose qui transcende le beau, offrant ce sentiment d’inaccessibilité, d’illimité. Il déclenche l’étonnement, inspiré par la crainte et le respect, offre un sentiment de l’être là 2».

La mise en espace des peintures et leurs juxtapositions non complaisantes renforcent ce sentiment d’être simultanément dans une forme de désenchantement à travers les monochromes gris colorés à gris neutres, pouvant être assimilés non péjorativement au « degré zéro de la peinture » et dans une forme de ré-enchantement, comme réponse au désenchantment, par le biais du pur plaisir rétinien et physique qu’offre la couleur dans certaines pièces picturales.

Bernard Gilbert

1 Patrick Vauday, La peintur1e et l’image, édition Pleins Feux 2002.
2 E. Kant, critique de la faculté de juger, 1790.

010203


Vernissage

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