Luc Coeckelberghs

du 04-03 au 11-04-2009

La profondeur et le temps
Remarques sur la production picturale de Luc Coeckelberghs
Luk Lambrecht – 2000

Cat. Luc Coeckelberghs, Galerie di-art, Lokeren, 2001

(fragments du texte)

Modestement et de façon toute personnelle, Luc Coeckelberghs vogue sur le flot de l’histoire de la peinture. Le concept du temps joue un rôle prépondérant dans son œuvre, rejetant ainsi le syndrome fast food dans l’art contemporain.
Au départ, il procède de façon quasiment méditative. Ainsi, il évite entre autres l’écueil du dogme et de la crainte de la visualisation de l’artiste dans l’œuvre d’art en ne cachant nullement la signature personnelle lors de l’élaboration. Des dessins d’une précision et d’une finesse extrêmes à l’encre noire et des tableaux où d’élégants filets de peinture acrylique envahissent et effleurent le panneau « all-over » montrent que, dans l’action artistique, l’artiste va et vient entre le patrimoine pictural connu et le soi corporel. Aussi, j’ose affirmer que Luc Coeckelberghs –de façon peut-être inconsciente – s’attache à reformuler l’histoire de la peinture.

La perception de l’œuvre de Luc Coeckelberghs attire immédiatement le regard vers la surface, sans diriger la vision du spectateur de manière univoque – tout au plus celui-ci peut-il épier de façon labyrinthique et tâtonnante la peinture qui, telle un objet, colle à la toile ou au panneau.
Le fait que Luc Coeckelberghs fait aussi des œuvres en trois dimensions présuppose qu’il voit la peinture aussi d’un « point de vue » spatial. Cela est immédiatement lisible dans la structure qui en tant que telle évite et nie souvent les lois essentielles de la composition. Dans la plupart des tableaux, est évoqué le « sentiment » d’une large expansion de la peinture qui continue de façon imaginaire en dehors des limites de la toile ou du panneau. A partir du champ pictural concentré, l’espace environnant participe à la perception de l’œuvre. Une autre caractéristique de sa production, c’est le travail en série ou le tableau individuel vu comme élément pour composer des « ensembles ». La méthode sérielle fait littéralement pénétrer la peinture dans l’espace et accentue la relation « approfondie » par rapport aux murs et à l’architecture porteurs.

Il me semble que Luc Coeckelberghs n’oublie jamais de donner en apparence des limites à sa peinture, tout en pourvoyant la liberté mentale, l’élasticité nécessaire. Les tableaux avec la peinture coulante, qui comme dans un ralenti filmique transforme le tableau en rideau, « donnent forme » simultanément, par un procédé pour ainsi dire maniaque, à l’expérience consciente du temps vécu dans une image où le geste d’apparence hésitante trahit la présence de l’artiste.

Luc Coeckelberghs sait user de la riche histoire et du lourd fardeau de la peinture dans une œuvre qui réussit à mettre la personne de l’artiste au centre de ses préoccupations, dans un processus sans fin de recherche du « dernier tableau », par définition introuvable.

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